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MILEO, Le magazine de l'Institut des Langues étrangères d'Oran est une publication étudiante, qui souhaite s’ouvrir les portes de l’expression. Son objectif est de donner la parole à l’étudiant.

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jeudi 30 décembre 2010

Le Bus


Le bus est certainement le moyen de transport le plus économe, mais si vous êtes le genre de personne bien organisée, ponctuelle, et très attachée aux bonnes conduites, autant vous le dire franchement, et tout de suite, ne songez même pas à attendre devant un arrêt de bus, vous risquez  de le regretter amèrement. On ne parle pas seulement ici d’horaire, mais d’un système de transport à Oran qui fonctionne très mal. A vrai dire, la question sur comment fonctionne ce système ne se pose même pas, il n’y a pas de système, les chauffeurs n’en font qu’à leur tête. 

  Pour attendre le bus, vous pouvez patienter jusqu’à trente minutes. Et là, quand enfin votre bus tant attendu se présente, vous assistez à un déluge des plus surprenants. Les gens courent et se bousculent pour monter les premiers. Si vous n’avez pas l’habitude, restez sur vos gardes et faites attention de ne pas tomber. 

  De plus, vous remarquerez qu’il n’y a aucun respect, aucune considération, il n'y y a que votre monnaie qui compte, et où vous mettez les pieds. Surtout placez-vous bien au fond, ou dans un recoin du bus, mais faites gaffe ! Ne prenez pas beaucoup de place, fondez dans cette masse informe. Si la chance vous sourit,  vous pouvez avoir l’occasion d’assister à de véritables courses. C’est comme les courses de chevaux, mais là ça se passe dans la ville, et entre des bus. Si ceci vous cause des sueurs froides ou la nausée, et que vous ne trouvez pas ce jeu divertissant, vous pouvez toujours prier, mais n’allait surtout pas protester, on risque de vous défoncer la gueule. Il arrive aussi qu’on change d’itinéraire. Ne soyez pas choqué, c’est la course contre le temps dont il s’agit maintenant. Nos chauffeurs, ça ne leur suffit plus de foncer comme des flèches, il faut désormais trouver des raccourcis, et limiter les trajets. C’est l’exemple de la ligne 31 qui allait de Douar Belgaid à Valérau, et maintenant c’est de Douar Belgaid à Gambetta… la moitié du chemin !

 Il faut aussi dire que le prix du ticket coute désormais 15DA, ce qui va secouer vos portefeuilles. Coté sécurité ce n’est pas vraiment le top, le bus est l’endroit privilégié des agresseurs et les pique-Pocket…Eh oui, eux aussi font partie du voyage, alors soyez bien vigilants. Et enfin pour descendre, grouillez vous, donnez des coups de coude, et frayez-vous au plus vite un chemin entre le flot de têtes qui vous barrent la sortie…

Des quartiers en détresse


Capitale du rai, Oran, est une ville moderne qui comporte de nombreux  centres industriels et commerciaux. Elle possède par ailleurs de nombreuses institutions culturelles, et a servi également  de décor au roman d’Albert Camus, « La Peste ». Pour ces raisons et d’autres, Oran par son charme et son éclat de vie attire de nombreux visiteurs. Il suffit juste de constater par exemple le nombre d’internes en surcroit chaque année.  Ceci n’est pas un phénomène hasardeux, quand on considère qu’Oran est aussi une ville universitaire, offrant un certain niveau d’études élevé par rapport à d’autres régions du Pays.

  Les gens qui débarquent à Oran, sont souvent épris par le charme de «El Bahia », la gaieté qui y règne, les commodités et les distractions qu’elle offre, tout ceci fait d’elle également un point de focalisation pour les étrangers. Le cinéma, les centres culturels, le théâtre, le musée, l'ancienne ville d'Oran, le quartier de Sidi El Houari, le jardin municipal,  les stations balnéaires…Et oui ! C’est Oran avec toute sa splendeur et ses petites merveilles, comment peut-on résister à l’envie d’y séjourner ?

  Pourtant, c’est regrettable de voir que certains quartiers se trouvent dans un état lamentable, et  donnent à la ville un aspect misérable. Ces habitations construites anarchiquement, en plus d’être désagréables à la vue, tout éventuel séisme pourrait les détruire. La saleté qui inonde les rues, les immeubles en ruine, le manque d’infrastructure, les dépotoirs à l’air libre où l’on se sent cloitré dans un espace pourri. Un état de lieux cauchemardesque pour une ville aussi moderne.

Futur chômeur


« Un futur chômeur », voici souvent l’idée que se figure la société algérienne de l’étudiant. Une cause pour laquelle plusieurs jeunes fuient l’université. Et est ce qu’on peut prouver le contraire ? Pour le moment rien ne nous aide à rectifier cela.

  Sans chercher à analyser le pourquoi et le comment de cette situation, nous cherchons à envisager une issue qui pourrait peut-être nous délivrer de l’ennui perpétuel et le manque de motivation. Avoir des compétences, assister à tous les cours, obtenir de bonnes notes ne suffit pas. Dans notre institut, nous apprenons une langue, en découvrant son histoire, sa littérature, sa syntaxe…Ce qui forme en nous un esprit capable de manier cette langue dans divers contextes, et l’enrichir à tout moment. Alors pourquoi ne pas favoriser l’esprit de culture et de création artistique. Pourquoi ne pas lancer des perspectives d’échanges culturels : l’art, le cinéma, la musique, la BD, le théâtre…etc. sont des centres d’intérêts passionnants qui nous permettraient de sortir de l’oisiveté qui nous enchaine.

Livre Electronique



  On peut trouver son film ou sa musique préférée dans pas mal de sites de téléchargement. Il suffit de quelques clics, pour voir disponible le produit qu’on recherche. Comme on le constate,  en quelques années, les marchés de films et de musiques sous forme numérique ont envahi la toile. Ce qui est bien plus pratique que de se rendre dans un magasin, sans pour autant être sûr de tomber sur ce qu’on cherche, et à prix convenable. D’autre part, le piratage se développe, ce qui facilite les moyens d’acquisition, et c’est toujours mieux que d’acheter du contenu mal foutu.
  Par contre dans le cas des livres, on remarque que la numérisation est beaucoup plus compliquée, et le marché du livre piraté est quasi inexistant ! C’est vrai que certains internautes diffusent quelques livres populaires sur le net, mais il est impossible de trouver du contenu récent sous forme électronique. La plupart de ces sites proposent le téléchargement de livres anciens, ouvrages tombés dans le domaine public. Qu’en est-il des livres modernes ? A voir de plus près, on fait en sorte qu’ils restent snobs, dans le domaine du culte. Du moment que tout devient informatisé, le domaine des livres est très en retard. Car l’idéal serait d’avoir un monde de livres plus varié et simple d’accès. Là où l’on pourrait accéder à un livre dont un ami nous a parlé via à son PC, et le télécharger directement.

Sortie du troisième numéro de MILEO

Avec un peu de retard nous publions le numéro de MILEO du mois de décembre. Suivez ce Lien de téléchargement pour avoir accès à nos articles.

mercredi 3 novembre 2010

La coquille vide


« Il y a dans ce pays un clivage, une cassure entre le fond et la forme. La forme a plus 
d’importance. Au pays de l’abondance il y a une drôle d’ambiance alors on esthétise on   soigne les apparences. »   
 Gnawa diffusion
   

  Tout dans l’apparence. C’est par cette petite phrase que nous pouvons résumer notre société.  Nous ne cherchons jamais ce qui est stable, ce qui est solide : tout ce que nous recherchons c’est le bling bling. Un peu comme des pilles bavardes, nous ne sommes attirés que par ce qui brille. Qu’il s’agisse de voiture, d’habillement, de portables…etc. Dans les routes vous ne trouverez que des bolides rutilants. Un jeune n’acceptera jamais de conduire une voiture d’occasion. Il faut qu’elle soit neuve. Pour faire court, Il faut que ça brille !

  Mais le parfait exemple reste tout de même les portables : Ce n’est pas tant que nous avons soif de nouveauté mais plutôt soif de ce que l’on appelle « El khlaye3 » ! Essayez de montrer un portable sans Bluetooth ou sans appareil photo et on vous pendra haut et court sur la place publique. D’ailleurs cette mouvance « Khlaye3 » se voit surtout dans les numéros de téléphones mobiles : plus vous vous éloignez du 0550 ou du 0771, plus vous êtes considéré comme un naze… Alors qu’en fait, ils n’ya pas de grande différence entre les services.  Cette ostentation se remarque même dans notre manière de pratiquer la religion et c’est peut être là son origine. Dans un débat ou autre, le plus rapide à dégainer la foie est le gagnant. Nous somme au cœur d’un film de cowboys où le plus prompt à dégainer le nom d’Allah est le vainqueur.  Sans oublier ceux qui tentent, autant que faire se peut, de se donner en spectacle lorsqu’ils veulent. Prenant des heures pour annoncer à tout le monde ce qu’ils vont faire.

  D’ailleurs cela se voit également dans les projets de nos dirigeants : « La plus grande mosquée du monde ! ». N’est-ce pas une autre preuve de notre égarement dans la forme et notre déni du fond...

Télé-cité


Nous pouvons parler du vide de la télévision Algérienne (El m7atma pour les intimes), de la pauvreté de ses programmes, nous pourrions même vous faire une analyse. Mais à quoi cela pourrait-il bien servir ?
Il serait plus intéressant de nous pencher sur ce que reflète ce vide télévisuel. Toute production artistique reflète plus ou moins une société, l’artiste faisant lui-même partie d’une société, il sera influencé par cette dernière.  En nous penchant sur notre chère « télévision unique et nationale » que voit-on de l’autre côté du miroir ?  

  Le vide, oui ! Le vide ne peut refléter que… le vide. Notre télévision est à l’image de notre société. Prenons pour exemple les programmes diffusés dans la tranche horaire la plus regardée chaque année : l’heure du Ftour  au Ramadan.  Nous avons eu des caméras cachées de très mauvais goûts qui plongeaient parfois les victimes dans un abîme de désespoir mais qu’on le veuille ou non ce programme a fait rire aux éclats des millions d’algériens. Grâce à ces caméras cachées nous avons assisté en « live »  à notre tendance (typiquement algérienne peut-être) qui n’est pas rire avec les Autres ; mais plutôt rire au dépend des autres.
Les diverses séries humoristiques nous ont montrés un autre pan de la société, les mesquineries entre voisins, l’hypocrisie et surtout le thème récurrent du « profitage ». Toujours ancré dans cette logique de l’arroseur et de l’arrosé. Nous sommes et nous avons été tellement arrosés que notre seul et unique but est d’arroser le maximum de gens et de profiter d’eux. Le profit au dépend de l’Autre, est devenu  la seule forme de succès à laquelle aspire tout le monde.

  Pour conclure,  je n’ai qu’une seule chose à dire ; je tire chapeau à notre télévision… Sans ombrage elle nous montre notre société telle qu’elle est réellement, vide de sens, inculte et réactionnaire.