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mercredi 3 novembre 2010

La coquille vide


« Il y a dans ce pays un clivage, une cassure entre le fond et la forme. La forme a plus 
d’importance. Au pays de l’abondance il y a une drôle d’ambiance alors on esthétise on   soigne les apparences. »   
 Gnawa diffusion
   

  Tout dans l’apparence. C’est par cette petite phrase que nous pouvons résumer notre société.  Nous ne cherchons jamais ce qui est stable, ce qui est solide : tout ce que nous recherchons c’est le bling bling. Un peu comme des pilles bavardes, nous ne sommes attirés que par ce qui brille. Qu’il s’agisse de voiture, d’habillement, de portables…etc. Dans les routes vous ne trouverez que des bolides rutilants. Un jeune n’acceptera jamais de conduire une voiture d’occasion. Il faut qu’elle soit neuve. Pour faire court, Il faut que ça brille !

  Mais le parfait exemple reste tout de même les portables : Ce n’est pas tant que nous avons soif de nouveauté mais plutôt soif de ce que l’on appelle « El khlaye3 » ! Essayez de montrer un portable sans Bluetooth ou sans appareil photo et on vous pendra haut et court sur la place publique. D’ailleurs cette mouvance « Khlaye3 » se voit surtout dans les numéros de téléphones mobiles : plus vous vous éloignez du 0550 ou du 0771, plus vous êtes considéré comme un naze… Alors qu’en fait, ils n’ya pas de grande différence entre les services.  Cette ostentation se remarque même dans notre manière de pratiquer la religion et c’est peut être là son origine. Dans un débat ou autre, le plus rapide à dégainer la foie est le gagnant. Nous somme au cœur d’un film de cowboys où le plus prompt à dégainer le nom d’Allah est le vainqueur.  Sans oublier ceux qui tentent, autant que faire se peut, de se donner en spectacle lorsqu’ils veulent. Prenant des heures pour annoncer à tout le monde ce qu’ils vont faire.

  D’ailleurs cela se voit également dans les projets de nos dirigeants : « La plus grande mosquée du monde ! ». N’est-ce pas une autre preuve de notre égarement dans la forme et notre déni du fond...

Télé-cité


Nous pouvons parler du vide de la télévision Algérienne (El m7atma pour les intimes), de la pauvreté de ses programmes, nous pourrions même vous faire une analyse. Mais à quoi cela pourrait-il bien servir ?
Il serait plus intéressant de nous pencher sur ce que reflète ce vide télévisuel. Toute production artistique reflète plus ou moins une société, l’artiste faisant lui-même partie d’une société, il sera influencé par cette dernière.  En nous penchant sur notre chère « télévision unique et nationale » que voit-on de l’autre côté du miroir ?  

  Le vide, oui ! Le vide ne peut refléter que… le vide. Notre télévision est à l’image de notre société. Prenons pour exemple les programmes diffusés dans la tranche horaire la plus regardée chaque année : l’heure du Ftour  au Ramadan.  Nous avons eu des caméras cachées de très mauvais goûts qui plongeaient parfois les victimes dans un abîme de désespoir mais qu’on le veuille ou non ce programme a fait rire aux éclats des millions d’algériens. Grâce à ces caméras cachées nous avons assisté en « live »  à notre tendance (typiquement algérienne peut-être) qui n’est pas rire avec les Autres ; mais plutôt rire au dépend des autres.
Les diverses séries humoristiques nous ont montrés un autre pan de la société, les mesquineries entre voisins, l’hypocrisie et surtout le thème récurrent du « profitage ». Toujours ancré dans cette logique de l’arroseur et de l’arrosé. Nous sommes et nous avons été tellement arrosés que notre seul et unique but est d’arroser le maximum de gens et de profiter d’eux. Le profit au dépend de l’Autre, est devenu  la seule forme de succès à laquelle aspire tout le monde.

  Pour conclure,  je n’ai qu’une seule chose à dire ; je tire chapeau à notre télévision… Sans ombrage elle nous montre notre société telle qu’elle est réellement, vide de sens, inculte et réactionnaire.  

Twilight


 Le mythe du vampire qu’exploite Twilight en fait un élément différent de la coutume. Ce monstre légendaire, assoiffé de sang, est représenté cette fois-ci par une figure à la beauté scintillante, capable de sentiments, de pureté, mais aussi d’amour…pour une humaine ! Cette transformation en personnage de chasteté donne une entrée en scène remarquable à Edward, mais aussi marque un retournement des plus étonnants dans l’éthique du vampire. Ses apparitions pour Bella comme pour le spectateur deviennent des moments où le temps est suspendu par sa séduisante pâleur, et sa passion pour sa bien-aimée.
                                                                                   
  Ce genre de mélodrame fantastique qui raconte des histoires d’amour entre humains et vampires a  touché de nombreux spectateurs. Un jeu frémissant et mélancolique dont le thème principal est la préservation de l’amour contre le temps et la mort.  Ces vampires qui dès que le soleil les frappent se mettent à briller comme du cristal apparaissent comme des images idéales, fascinantes. Ce n’est plus de l’horreur, mais justement alors c’est quoi ? ça reste une véritable énigme. Une série qui avait au départ toutes les bonnes cartes dans son jeu, une histoire qui s’annonçait palpitante et originale, un début quasiment parfait, mais après, tout l’enthousiasme provoqué par l’excellent opening se dissout ! Comment ont-ils fait pour foirer une telle ambiance ?
 
  Les dialogues deviennent longs et souvent sans importance. Le décor romantique est exagéré, les scènes d’actions sont trop peu nombreuses à l’opposé des gros plans érotiques qui deviennent à la longue ennuyeux.  Au final, les évènements deviennent peu passionnants, et les scènes sans utilité.  

Theâtre: Harraga


   Dans un monologue intitulé « El Harraga », joué par le comédien Mihoubi en 2007,  celui-ci adopte une posture critique (même si elle n’est pas directe mais implicite) pour amener le spectateur à mieux réfléchir sur le problème des Harraga en Algérie.

  Sur la scène, Mihoubi porte les vêtements en lambeaux, ceux d’un pauvre algérien, misérable. Mine de désespoir, un regard souffrant, c’est ainsi qu’il représente cette jeunesse algérienne qui tente de fuir son pays pour trouver refuge ailleurs. Ses paroles, souvent ironiques, décrivent de manière indirecte l’enfer que vivent ces jeunes gens, comme quand il s’exclame « Oh ! Elle est belle cette petite bourgeoise, son œil droit est aussi grand que notre cuisine, et son œil gauche aussi grand que notre salon. ». Ses mots humouristiques dénoncent aux yeux du public le monde des jeunes algériens qui veulent quitter le pays illégalement dans l’espoir d’avoir une vie meilleure en Europe, et échapper définitivement à la misère et au chômage.

Le monologue rend compte d’une réalité frustrante, et à laquelle peu de démarche pour résoudre le problème ont été remarquées. Il apparaît clair alors que le message est adressé avant tout aux autorités algériennes et aux gens bien placés pour qu’ils donnent une seconde chance aux jeunes algériens afin d’améliorer leur condition, et les aider par tous les moyens à mieux s’intégrer dans leur société.

  Par ailleurs, Mihoubi a joué une autre pièce la même année, et qui a pour titre « Algérien et fier », en montrant cette fois-ci une image de la situation des algériens sans papiers en Europe, afin de sensibiliser encore plus les spectateurs présents, et dire aux jeunes que chez soi c’est sa patrie. Cette nostalgie du pays dont parle Mihoubi vers la fin, c’est sa façon de leur faire comprendre qu’il n’y a pas de paradis sur terre, qu’il ne se produise pas de miracles, mais qu’on peut échapper à la misère, améliorer ses conditions de vie avec les moyens du bord sans tenter de fuir.

Le deuxième numéro du Magazine pour ce mois de Novembre!

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  Les titres parus dans dans ce numéro sont:


Harraga  Section Art

Twilight  Section Cinéma


Télé-cité  Section Cinéma


La coquille vide  Section société.

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